Scandale d’espionnage en Allemagne
12 October 2011
Le Chaos Computer Club (CCC), une association de hackers basée en Allemagne, à publié la preuve d’utilisation par le gouvernement d’un programme informatique d’espionnage, ce qui a provoqué un grave scandale au plus haut niveau.
Le programme d’espionnage mentionné dans la publication a été découvert sur l’ordinateur portable qui appartenait à la personne soupçonnée d’exporter illégalement des produits pharmaceutiques. Le logiciel aurait été installé au cours du contrôle douanier à l’aéroport.
Ce programme capture les URL des sites web visités et les communications par e-mail et envoie ensuite les données collectées au serveur distant, se trouvant, vraisemblablement, à l’extérieur du pays. En outre, il permet à l’opérateur de charger et de lancer n’importe quelle application sur l’ordinateur distant.
Joachim Hermann, Ministre de l’Intérieur de Bavière, a confirmé que les autorités nationales de ce pays utilisaient les logiciels espions depuis le 2009, mais a refusé de fournir des exemples concrets. A son avis, cette pratique n’était contraire à aucune des lois, bien que ce problème fasse encore l’objet de nouveaux débats. Les autorités de trois autres lands (Baden-Württemberg, Brandenburg et Niedersachsen) ont également confirmé qu’ils utilisaient un logiciel pareil.
En réponse à la réaction furieuse du public, certaines autorités influentes ont été obligées de commenter la situation.
Le ministre de la Justice de l’Allemagne, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, et la Chancelière Angela Merkel ont exigé qu’une enquête approfondie de l’incident soit menée. Le résultat de cette enquête doit mettre en place un mécanisme visant à protéger les droits des citoyens à la vie privée.
Par conséquent, la législation de l’Allemagne relative à l’utilisation de logiciels espions peut changer considérablement dans un proche avenir.

Karsten Nohl, expert allemand en sécurité des réseaux et cryptographie, a annoncé d’avoir découvert une technique relativement simple d’interception et de décryptage des données transmises via le protocole GPRS.
Il existe depuis longtemps des rumeurs selon lesquelles la norme de téléphone mobile GSM (ou les appareils eux-mêmes) contiendrait des fonctionnalités non documentées. Cependant, jusqu’à présent, cette technologie n’a jamais été utilisée par des services spéciaux pour la collecte d’informations, dans aucun pays dans le monde.
Selon le ministre fédéral de l’Intérieur allemand Thomas de Maizière, un nouveau département pour la protection des ressources internet, le Centre national de cyberdéfense, sera créé au premier semestre de cette année.